« la communication des chrétiens, deux formes de guerre et de paix »

La communication est pour les chrétiens une question lancinante, pour tous les chrétiens ; un à un, par groupes, par Eglise et tous ensemble. Ma première orientation, je la prendrai sur un mot, celui de “témoignage”, car nous sommes témoins ; l’important ici, c’est l’idée d‘“attestation”. D’emblée, on peut dire que ce qui est difficile et merveilleux en même temps, c’est le courage : le courage d’attester, le courage de se montrer, le courage de dire ce qu’on a à dire ; et aussi cet autre aspect du courage qui fait partie de la condition du témoin, de s’écarter pour laisser place à d’autres témoins, de ne pas croire ni laisser croire que mon témoignage contient à lui seul la Justice ou la Vérité. Témoigner, c’est donc, fondamentalement, autoriser les autres à témoigner aussi, c’est ouvrir un espace d’attestation confiante.

Longtemps nous avons été peut-être abusivement confiants, parfois même crédules. Aujourd’hui, notre maladie collective est plutôt l’incrédulité, la méfiance, le soupçon. Comment reconstituer un espace d’attestation confiante ? Tel est l’horizon de ma réflexion sur la communication des chrétiens.

Une situation de post-chrétienté

Comment faire place à la communication chrétienne – et quelle communication ? Quelles sont les spécificités d’une